vendredi 30 décembre 2011
Cassolette - A écouter sans modération
Non, Cassolette, malgré la consonnance bien francophone de son nom, ne vient pas d'une bourgade du sud-ouest de la France. Le groupe est basé dans le sud-est, mais des Etats-Unis, en Floride, dans la petite ville de Sarasota pour être exact. Une délicieuse Cassolette qui commence à faire parler dans le landernau et suscite déjà l'appétit de labels ça et là. L'envie de connaître la savoureuse recette du groupe pour distiller d'aussi jolies chansons pop m'a donc submergé. Et Ciera, la chanteuse du groupe, livre ici quelques ingrédients.
- Peux-tu me raconter l'histoire de Cassolette ? Où et quand tout cela a-t-il commencé ? Qui forme le groupe ?
Il y a quelques étés, je suis revenu de l'université et notre batteur, Pete, m'a alors demandé si je voudrais jouer dans un groupe avec lui et son ami Jesse. On a commencé à répéter dans la chambre de Pete. On a alors écrit quelques chansons pas terribles. Jesse et moi nous sommes rapprochés assez rapidement... Et nous avons commencé à passer de plus en plus de temps ensemble à travailler sur l'écriture des chansons. Nous avons ensuite été encore plus proches l'un de l'autre et, quelques mois après, nous sommes tombés amoureux. De ce fait, beaucoup de nos chansons sont vraiment romantiques et un grand nombre d'entre elles sont écrites l'un pour l'autre, avec quelques fioritures ça et là. Au fil du temps, nous sommes passés par différents changements de line up, mais au final, Cassolette c'est maintenant Pete à la batterie, Jesse à la guitare, Aimee aux claviers, Drew à la basse, Darren à la deuxième guitare et moi au chant.
- Vous venez de Floride mais vous avez choisi de prendre un nom français. Pourquoi avoir choisi ce nom ?
Eh bien... le nom est en quelque sorte un genre de blague. Nous étions en train de chercher un nom pour le groupe, ce qui est vraiment difficile de nos jours car il y a tellement de groupes. J'avais ce livre des années 70 appelé "The joy of sex", sur ma table basse... J'ai commencé à le feuilleter. Et sur la première page que j'ai tournée, il y avait ce titre : "Cassolette". En français, je crois que c'est une petite casserole, ou... une boîte de parfum, je crois... En termes sexuels, dans les années 70, c'était "le parfum naturel d'une femme propre : ses plus grands atouts sexuels après sa beauté." Nous avons aimé la façon dont ça sonnait et Pete a aimé ça parce que c'était un peu coquin.
- A propos de la Floride et plus précisément de Sarasota, qu'est ce qu'il y a de bien à faire là-bas ? Y a-t-il des concerts ? Y a-t-il une vraie scène indie pop ? Etes-vous en contact avec des groupes ou des labels à Sarasota ?
Sarasota est une cité balnéaire de retraités avec une petite scène musicale néanmoins assez active. C'est un mélange très éclectique en fait, pas trop d'indie pop, et, à mon goût, de trop nombreux groupes qui ne font que des reprises. Mais nous avons quelques amis vraiment biens et nous aimons jouer avec eux. Ces concerts sont toujours très amusants. Nous avons travaillé avec certains de nos amis à essayer de faire venir des groupes ici. Cependant, la Floride est un grand état, donc beaucoup de groupes ne viennent pas dans notre petite ville. Nous connaissons d'autres groupes de Floride et nous espérons pouvoir mettre sur pied une petite tournée avec Rex or Regina de Gainesville.
- Qui compose les chansons dans le groupe et comment cela se passe-t-il au sein du groupe ?
Nous travaillons tous ensemble. Jesse part sur une idée ou je viens avec une mélodie et on essaie de la retranscrire sur sa guitare. Nous avons aussi des chansons de Drew, Aimee, et Darren, mais la plupart du temps nous les écrivons tous ensemble. Jesse et moi travaillons ensemble sur les paroles. Et puis on arrive avec toutes nos idées en répétition. Là, chacun ajoute sa touche personnelle pour qu'on en arrive au résultat final.
- Vos chansons sont tantôt assez rythmées, tantôt calmes, mais toujours très mélodiques. Etes-vous constamment à la recherche de la bonne mélodie ?
Notre objectif principal est juste d'écrire des chansons amusantes, accrocheuses, honnêtes, avec des paroles sincères. J'ai toujours apprécié la sincérité dans les chansons pop, ainsi que le côté jangly avec des méandres de riffs de guitare. Donc, je pense que c'est juste une tentative de mêler ces différents aspects.
- Quelle chanson du passé aurais-tu aimé écrire et pourquoi ?
"Care" des Loveninjas. C'est la chanson la plus jangly, la plus adorable, la plus directe que j'ai jamais entendue. Elle me met toujours le sourire aux lèvres. Elle est tout simplement parfaite. Sinon, je pense aussi à "If you need someone" des Field Mice. Cela correspond bien à mon côté romantique désespéré. Je suis tout bêtement fan de ce genre de sucreries, de chansons pop entraînantes.
- Quels sont les groupes, du moment et du passé, qui te font fondre ?
En ce moment j'ai un gros faible pour Evans the Death. Ils sont fantastiques ! J'ai aussi beaucoup écouté Comet Gain, The Pains of Being Pure at Heart, Teenage Fanclub, Another Sunny Day, beaucoup de choses gaies, de la noisy pop. J'ai aussi écouté ces derniers temps l'album de Noël de Phil Spector afin de me mettre en condition pour les vacances.
- Vous avez sorti un disque sur Cloudberry Records. Etes-vous satisfaits de ce disque ? Peut-on espérer d'autres sorties prochainement ?
Oui ! Nous étions sur la compilation "Do you think it will snow tonight ?" l'hiver dernier. Et nous préparons un 45 tours où il y aura notamment notre chanson" Stay heavy" qui doit sortir dans les prochains mois. Nous aimons beaucoup Cloudberry et Roque. C'est donc vraiment toujours un plaisir de sortir quelque chose avec lui.
- Si il y avait un label avec qui vous aimeriez signer, ce serait qui ?
C'est une question difficile ! Nous sommes de grands, grands fans de Slumberland Records. J'aime à peu près tout ce qu'ils ont sorti, et je serais ravie d'être de leur catalogue. Mais sinon, nous sommes vraiment heureux de sortir des disques un peu partout dans le monde. Nous travaillons aussi actuellement sur un EP pour Anorak en France (vous !). Et aussi pour un autre EP pour Little Treasure en Espagne. C'est vraiment bien de pouvoir rencontrer tant de gens supers et de faire connaître notre musique à travers le monde.
- Jouez-vous souvent sur scène ? Est-ce que pour vous les concerts sont importants ? Y a-t-il un concert qui te reste plus particulièrement en mémoire ?
Nous jouons dans les environs une fois par mois au moins et quelques fois plus. Nous prenons beaucoup de plaisir à faire des concerts et à danser avec nos amis. Nous préférons les concerts à la maison ou lors de fêtes dans des bars. Cela permet d'éviter les gens bizarres ou cupides. Cela étant dit, je crois que notre concert le plus mémorable a été lorsque nous avons joué à Gainesville avec un groupe qui s'appelle les Shitty Beatles. Ils sont un groupe de reprises des Beatles qui, malgré ce que pourrait laisser penser leur nom, n'est en fait pas merdique du tout. Et localement ils ont un gros public. Personne n'avait jamais entendu parler de nous mais au moment d'aller sur scène la salle était déjà presque pleine. Il y avait même la queue dehors. Ils étaient là pour les Shitty Beatles mais cela s'est bien passé parce que le public a vraiment semblé beaucoup nous apprécier ! On a eu beaucoup de boissons gratuites, on a passé un excellent moment et on a passé le reste de la nuit à chanter des chansons des Beatles.
- Quel est le meilleur compliment que tu aies lu ou entendu au sujet de Cassolette ? Et la pire critique ?
L'autre jour, j'ai vu que quelqu'un du Royaume-Uni parlait de nous sur le forum Anorak Pop. Il disait que "Not just anyone" était sa chanson préférée de l'année, et il nous comparait aux Deirdres ! J'ai été assez flattée et surprise de voir que notre musique était aussi connue. Je n'ai pas encore lu quoi que ce soit de trop méchant sur nous pour le moment, sauf peut-être que nous jouons trop fort ou que nous sommes parfois débraillés sur scène.
- Penses-tu qu'internet a changé la manière dont les gens écoutent la musique et entrent en relation avec les autres ? Recevez-vous beaucoup de messages venant du monde entier ?
Oh oui, certainement ! Je n'en suis pas revenue quand j'ai commencé à recevoir des messages de gens de France, d'Espagne, du Brésil, du Japon ! Il n'y a pas vraiment de scène indie pop par ici donc internet a été la seule façon pour nous de faire connaître notre musique et de se connecter avec les gens qui aiment les mêmes choses que nous et ce que nous faisons.
- Hormis la musique, quelles sont les choses que tu préfères ? Et que tu détestes ?
J'aime la pêche, la cuisine, les jeux vidéo et aller à la plage. Je déteste les araignées.
mercredi 6 juillet 2011
The Kensingtons - Perfect pop songs
Voilà vingt ans qu'avec Stewart nous sommes en contact. A l'époque, il venait de monter les Kensingtons. Un flyer évoquant le groupe s'était glissé dans l'un de ces nombreux courriers que l'on s'échangeait avec des fans d'indie pop du monde entier. Et puis des chroniques élogieuses dans des fanzines ça et là m'avaient poussé à vouloir en savoir un peu plus sur ce groupe. Un courrier envoyé à Stewart. Quelques jours plus tard, une démo, en cassette. Conquis, j'avais alors demandé au groupe de figurer sur "Teeny Poppers", la première sortie en forme de compilation parue sur Anorak Records. Stewart m'avait alors autorisé à y faire figurer le morceau "Please don't lie to me". Un choix qui fut pour moi difficile tant la démo du groupe regorgeait de "perfect pop songs". Vingt ans plus tard, c'est avec plaisir que j'ai appris le retour des Kensigtons et que j'ai ainsi eu envie de poser quelques questions à Stewart Tudor-Jackman. Un plaisir décuplé par de nouvelles compositions qui n'ont rien à envier à leurs aînées. Stewart a toujours ce don de trouver des mélodies qui paraissent simples mais font mouche à chaque fois. Et ça, je ne m'en lasse pas.
- Qu'est ce qui t'a conduit à faire de la musique ? As-tu pris des cours ou as-tu commencé à jouer par toi-même ?
Mon père jouait de la musique. Il y a donc toujours eu des guitares ou des claviers à la maison quand j'étais gamin. J'ai commencé à jouer de la guitare quand j'avais 13 ou 14 ans. Je jouais avec des amis de temps en temps. Je n'ai jamais pris la peine de prendre des leçons. Mais les premières années, j'étais tellement obsédé par la guitare qu'il m'arrivait souvent d'en jouer jusqu'à huit heures par jour. C'était vraiment ridicule quand j'y repense.
- Parlons de ton groupe maintenant. Où et quand sont nés The Kensingtons ? Raconte-moi l'histoire du groupe.
J'ai commencé à enregistrer des choses sous le nom The Kensingtons quand je vivais en Angleterre, à Leicester, à la fin des années 80. A l'époque, j'étais dans un groupe qui s'appelait Cellophane. On a sorti un single sur Pillar Box Red Records. Mais les chansons que j'écrivais pour le groupe ne plaisaient pas trop aux autres membres alors j'ai décidé de les garder pour moi. Quand je suis revenu chez moi dans le Somerset, en 1991, j'ai contacté Andy et Disc pour qu'ils jouent ces chansons avec moi sur scène. Nous avons joué ensemble de 1991 à 1994, année durant laquelle je suis reparti du Somerset. Nous avons fait la plupart de nos concerts dans notre ville, à Taunton. Mais il nous est aussi arrivé d'aller explorer d'autres contrées de temps en temps. Comme la plupart des groupes indie pop de l'époque nous avons figuré dans quelques fanzines et sur au moins un million de cassettes compilations, incluant la tienne ! Nous avons aussi sorti deux 45 tours : l'un sur Meller Welle Produkte et l'autre sur Pillar Box Red Records.
- Le groupe a donc existé dans les années 90 et fait maintenant son retour. Qu'est ce qui t'a motivé à reformer The Kensingtons ? Et est-ce qu'il s'agit de "nouveaux" Kensingtons ou est-ce toujours le même groupe ?
En fait, j'ai toujours continué à écrire et à enregistrer des chansons pour mon propre plaisir. Mais la raison pour laquelle j'ai ressorti des disques est entièrement due à deux personnes : Roque de Cloudberry Records et Jennifer de Colour Me Pop. Roque est tombé sur "Intercity baby", une chanson d'un de mes vieux singles, et a écrit quelque chose à son sujet dans son blog. Article que Jennifer a lu. Ils sont alors tous les deux rentrés en contact avec moi et comme tu le sais, Roque a sorti un EP avec cinq chansons anciennes pour ses Cloudberry Classics. Quant à Jennifer, elle a organisé un concert de reformation à Londres. Maintenant, je vis en Australie. Alors répéter pour le concert a été difficile. Je n'avais par revu Andy et Disc depuis 1995 et donc pas joué avec eux depuis ce temps-là. On a quand même réussi à répéter pendant deux jours et puis on a fait ce concert. On a été mauvais comme on peut l'être avec seulement deux jours de répétitions en quinze ans ! Mais on a vraiment aimé ce moment. Je suis donc très reconnaissant envers Roque et Jennifer pour avoir permis que tout cela soit possible.
- Qu'attends-tu maintenant de ce nouveau départ pour les Kensingtons ? Aura-t-on la chance de pouvoir écouter de nouveaux disques ? Et voir peut-être d'autres concerts ?
Oui, de nouveaux disques sortiront tant que des labels voudront bien de mes chansons. Il y a eu le EP "Death of Middle England" l'an dernier sur Cloudberry Records. Et deux autres singles sont prévus cette année avec deux autres labels : Dufflecoat Records et Anorak Records. Quoi qu'il en soit, c'est chouette que des gens aient encore envie d'écouter mes chansons. Pour ce qui est des concerts, le fait que je vive en Australie est un réel problème. D'autant que les deux autres membres du groupe sont Angleterre. Néanmoins, j'ai prévu de revenir en Europe en 2012 et j'aimerais vraiment pouvoir alors refaire des concerts.
- Tu vas bientôt sortir un EP sur le label français Anorak Records. Que peux-tu m'en dire ?
C'est vraiment bien d'être à nouveau sur Anorak après avoir figuré sur une cassette sortie en 1992 ! C'est génial de ressortir quelque chose avec vous ! Ce EP contiendra six chansons, quatre qui sont toutes nouvelles et deux que j'avais écrites dans les années 90. Elles ont toutes été enregistrées chez moi à Brisbane en 2010 et 2011. Et je pense que c'est un joli mélange de choses à la fois jangly et fuzzy !
- Comment composes-tu ? De quoi parle tes chansons ?
Pour être honnête, la plupart n'ont pas vraiment de sens. J'écris les paroles la plupart du temps en dernier et au moment d'enregistrer. Le processus habituel est le suivant : j'ai une mélodie qui me trotte dans la tête. Je tente alors de la reproduire à la guitare. De là, j'ai intérêt à me dépêcher de l'enregistrer avant de l'oublier !
- Quels sont tes groupes favoris ? D'hier et d'aujourd'hui.
Mes deux groupes préférés de tous les temps sont les Wedding Present et les Jesus and Mary Chain mais j'aime toujours ré-écouter des groupes comme Carter USM, Pop WIll Eat Itself, les Primitives, les Flatmates, Chapterhouse et les Blue Aeroplanes. Aujourd'hui, j'adore The Hobbes Fanclub, Peru, Skittle Alley, A Place to Bury Strangers, The Pains of Being Pure at Heart et d'autres encore. On peut aussi me surprendre en train de me plonger dans mes vieux disques de métal.
- Maintenant, tu vis en Australie. Pour les Français, c'est un pays très "exotique". Peux-tu m'en parler ? Comment est-ce ?
J'ai quitté l'Angleterre pour l'Australie il y a environ dix ans et je vis désormais à Brisbane, dans le Queensland. Le Queensland est célèbre pour la grande barrière de corail. Beaucoup de gens viennent ici pour ça. C'est vraiment un bel endroit pour vivre. C'est assez paisible et, le plus important pour moi, il y fait chaud. La plupart du temps, tu peux porter des shorts toute l'année, y compris l'hiver et ça, je suis totalement pour ! Ceci dit, l'Angleterre me manque souvent mais l'Australie est vraiment un endroit très agréable pour vivre.
- A part la musique, quelles sont les choses que tu préfères ? Et que
détestes-tu ?
Ma passion numéro un, c'est les soirées quizz dans les pubs. C'est la seule chose sur terre pour laquelle je suis très compétitif. J'adore ces soirées et ça m'ennuie vraiment beaucoup si je ne peux pas en faire au moins une par semaine. Sinon, il n'y a pas vraiment grand chose que je déteste. Mais il y a des choses que je ne comprends vraiment pas : l'intérêt pour le jazz, le R&B, la télé-réalité ou les plaques d'immatriculation personnalisées. En fait, je déteste véritablement les plaques d'immatriculation personnalisées.
- Le dernier mot...
J'espère sincèrement pouvoir venir en France en 2012. Tu sais, vous êtes assez exotiques aussi !
lundi 6 juin 2011
Annemarie - Welcome to Ind(iep)o(p)nesia
C'est grâce au label suédois Music Is My Girlfriend, non avare en jolies trouvailles, que j'ai découvert il y a quelques années le groupe Annemarie. La formation est l'un des fers de lance de cette scène indie pop indonésienne qui ne cesse de nous étonner par sa fraîcheur, sa vitalité, sa diversité et la qualité de ces groupes. Avec Leach Me Lemonade, Funny Little Dream et Sunny Summer Day, Annemarie en est sans doute l'un des plus beaux fleurons. Rima, sa chanteuse, nous en dit un peu plus.
- Peux-tu me conter l'histoire d'Annemarie et me présenter le groupe ? Est-ce ton premier groupe ?
C'est à Bandung que nous avons formé Annemarie à la fin de l'année 2004. Nous nous sommes rencontrés dans cette jolie petite ville. Nous étions tous tellement fans d'indie pop que nous avons évoqué l'idée de faire un groupe. Nous avons commencé par enregistrer une démo et puis on nous a assez vite proposé de faire un concert. Nous étions fous de joie ! Après ce premier concert, nous avons donc décidé de continuer à jouer ensemble avec dans l'idée de pouvoir sortir un jour quelque chose. Voilà comment tout a commencé. Depuis, il y a eu pas mal d'allers et venues dans le groupe mais maintenant, le groupe se compose d'Iqbal au chant et à la guitare, d'Asso à la basse, de Bayu à la batterie, d'Icha aux claviers et de moi au chant. C'est effectivement mon premier groupe et je suis très heureuse d'en faire partie.
- Pour avoir choisi comme nom le prénom Annemarie ?
C'est en hommage à Annemarie Davies. Elle était la chanteuse de plusieurs groupes d'indie pop qui nous ont inspirés : les Field Mice, Yesterday Sky et Northern Picture Library. Nous avons choisi ce nom parce qu'il sonne bien, qu'il est twee et qu'il est aussi facile à retenir. Il reflète vraiment ce qu'est notre musique.
- Qui écrit les chansons dans le groupe ?
C'est Iqbal qui a composé presque toutes les chansons qui figurent sur notre album "ABC on TV". Mais j'ai écrit toutes les paroles des morceaux qui seront sur notre prochain disque. Elles sont le fruit d'émotions qui, je le crois, sont très utiles pour écrire des chansons. J'écris des paroles qui essaient de décrire comment je me sens réellement. La plupart de mes paroles sont ainsi très personnelles.
- Quelle est pour toi la chanson pop parfaite ?
"The centre of my little world" d'Another Sunny Day.
- Et quels sont les groupes que tu préfères ?
Free Design, The Sundowners, The Carpenters, The Smiths, Lush, Ivy, Ride, The Field Mice, Trembling Blue Stars, Another Sunny Day, Acid House Kings, Shoestrings, The Shermans, Sambassadeur, The Cherry Orchard, Brideshead, Blueboy, Flipper's Guitar, Irene, Nixon, Melody Club, Belle and Sebastian, Cocteau Twins, Pale Saints, The Softies, Suede, Saint Etienne, Strawberry Switchblade, Chapterhouse, The Pains of Being Pure at Heart, The Hit Parade, The Lucksmiths, Allo Darlin', Eggstone, Elastica, My Bloody Valentine, The School et beaucoup d'autres !
- Vous avez sorti des disques sur différents labels. Es-tu satisfaite de ces sorties ?
Bien sûr, je suis très satisfaite de tous nos disques. Je suis heureuse que nos chansons puissent être écoutées par tout un tas de gens dans le monde entier. Et oui, nous avons d'autres disques qui doivent sortir bientôt !
- S'il y avait un label avec qui vous auriez aimé signer, ce serait...
Sans hésiter, je te dirai que j'aurais aimé signer sur Sarah Records. L'amour pour Sarah Records dépasse les générations. Et beaucoup de mes disques préférés ont été sortis par ce label.
- Il semble que l'Indonésie est un excellent lieu pour faire de l'indie pop en ce moment. Peux-tu m'en dire un peu plus sur cette fameuse scène indie pop indonésienne ? Quels sont les meilleurs groupes et les meilleurs labels ?
Oui, la scène indie pop est très vivante et florissante en Indonésie grâce à la jeunesse indonésienne. Il y a plein de bons groupes ici ! Je citerai Mocca, Astrolab, Sunny Summer Day, Leach Me Lemonade, Funny Little Dream, White Shoes and the Couples Company, Santa Monica, The Milo, Bangku Taman, Sharesprings... Il y en a tellement ! Et les meilleurs labels sont sans doute Maritime Records, FFWD, Lovely Records et Paviliun Records.
- Comment est Djakarta ?
Djakarta est la capitale et la plus grande ville d'Indonésie. C'est l'endroit dans lequel la plupart des Indonésiens essaient de réaliser leurs rêves. Djakarta est aussi le meilleur endroit pour sortir entre amis ou avec la famille. C'est la ville où tout se passe !
- Quels sont tes passe-temps en dehors du groupe ?
J'adore lire un bon livre ! J'adore passer mon temps dans les librairies ou dans les cafés littéraires. C'est là que je me sens le mieux !
- Quel a été le jour le plus heureux de ta vie ?
C'est une question trop difficile ! Toutes les périodes de ma vie ont eu des moments heureux. Mais je vais dire que l'un des meilleurs moments de ma vie a été l'an dernier quand toute ma famille s'est réunie à la maison. Ca a été un moment de bonheur parce que c'est assez rare que nous soyons tous ensemble.
- Quels sont les projets pour Annemarie ?
Nous allons sortir très prochainement un split EP où figurera la chanson "The boy with the loneliest eyes". Au chapitre des nouvelles, je peux aussi te dire que nous travaillons toujours sur de nouvelles chansons qui, je l'espère vivement, se transformeront en un nouvel album d'Annemarie.
- Le mot de la fin...
Keep suicide on your stereo set !
vendredi 20 mai 2011
The Lucksmiths - Never and always
J'ai passé ces derniers jours à ré-écouter les Lucksmiths. Et je me suis rendu compte que bientôt depuis deux ans que le groupe s'est séparé, il s'est créé en moi comme un énorme manque. Un manque déclenché dernièrement par la sortie de leur somptueux DVD, "Unfamiliar stars", publié chez Matinée Recordings et The Lost and Lonesome Recording Co. Ce DVD contient leur concert d'adieu, en date du 29 août 2009, au Corner Hotel à Melbourne, et un petit documentaire de 25 minutes sur les dernières semaines d'existence du groupe. Durant près de trois heures, l'ouvrage procure un je-ne-sais-quoi d'émouvant. L'ayant regardé à plusieurs reprises, il m'a donné la chair de poule à chaque fois. Le concert, tout d'abord, respire la communion (pas au sens religieux du terme) qu'un groupe peut avoir avec ses fans. La salle vibre à l'unisson et j'imagine que beaucoup auraient voulu que l'instant dure plus longtemps. Le documentaire, ensuite, permet de côtoyer quatre garçons qui, pour nous habitants du vieux continent, ont toujours vécu trop loin. Je n'ai jamais eu la chance de voir les Lucksmiths en concert. Et maintenant que le groupe n'existe plus je le regrette. Mais je sais dorénavant que comme toute une foule d'autres groupes, je les aimerai toujours.
jeudi 24 mars 2011
The Electric Pop Group - Le bien nommé
Révélation de l'année 2006 avec son premier album auto-produit, nommé alors espoir suédois, The Electric Pop Group a depuis pleinement confirmé. Emmené par les frères Martin et Erik Aamot, rejoints par Jimmi Thunholm et Gustaf Murman par ailleurs membres de The Lost Homeboys, le combo fait aujourd'hui office de figure de proue de cette scène indie pop suédoise sans cesse renouvelée. Avec ses deux disques, le EP "Sunrise" et l'album "Seconds", sortis ensuite chez Matinée Recordings, rien que ça, la formation joue désormais dans la cour des grands et restera, c'est sûr, une référence dans les années à venir. C'est donc un honneur de rencontrer The Electric Pop Group, le bien nommé, via Martin Aamot qui répond à quelques questions.
- Comment tout cela a-t-il commencé ?
Officiellement, The Electric Pop Group s'est formé en 2005. Mais j'avais déjà écrit les premières chansons du groupe dès 2003-2004. J'ai ensuite demandé à mon frère Erik si ça lui disait de jouer dans un nouveau groupe et Erik a dit "oui" ! En fait, tant Erik que moi-même avions déjà joué dans plusieurs groupes, ensemble, dans les années 90. Au début, j'écrivais toutes les chansons mais très rapidement Erik a commencé à composer aussi, ce qu'il n'avait jamais fait jusque-là. En tant que The Electric Pop Group, nous avons fait notre premier concert en mars 2006, dans un club pop de Göteborg. Peu de temps après ce premier concert, nous avons joué dans un petit club indie d'Eskilstuna. Les gars qui ont organisé ce concert, Jimmi et Gustaf, ont un peu plus tard déménagé à Göteborg et ont rejoint le groupe dans un premier temps pour nous épauler lors des concerts. Nous avons enregistré notre premier album en 2006 et nous l'avons sorti par nous-mêmes en décembre de la même année.
- Justement et puisque l'on évoque les débuts du groupe, pourquoi avez-vous décidé d'auto-produire votre premier CD ?
Nous l'avons auto-produit tout simplement parce que nous étions alors un groupe inconnu et que l'on avait alors pas encore suscité l'intérêt d'un seul label. Cependant, nos amis Jörgen et Renée, de Fraction Discs, nous ont offert la possibilité de distribuer notre album et il a très bien marché !
- Par la suite, vous avez été contactés par Jimmy Tassos, du label Matinée. Comment est-ce arrivé ? Est-ce que Matinée est le label idéal pour vous ?
Jimmy nous a découverts sur Myspace et il a alors proposé de sortir notre disque suivant. Oui, je crois que Matinée est le label idéal pour nous. Jimmy a sorti tant de disques fantastiques et tout le travail qu'il accomplit pour les groupes est incroyable !
- Comment composez-vous ? Qui écrit les chansons ?
Maintenant, c'est Erik qui écrit la plupart des chansons mais j'en compose quelques unes aussi. Et quelques fois, on compose ensemble. Quand les chansons sont écrites, nous les enregistrons et nous faisons les arrangements ensemble. Généralement, quand on enregistre, on commence par la partie guitare et la voix d'Erik. Ensuite, je rajoute ma partie de guitare puis le clavier, la basse, le tambourin et je programme la boîte à rythmes.
- Quels sont vos groupes ou artistes préférés ? Et ceux qui ont eu une influence sur votre musique ?
Quand nous avons monté le groupe, nos principales influences étaient les Jesus and Mary Chain, les Stone Roses et les Smiths. Puis nous avons découvert ce que Sarah Records a sorti, des groupes fabuleux comme les Field Mice, Another Sunny Day et surtout Brigher ! Sinon, on aime aussi beaucoup Belle and Sebastian, les Razorcuts, Stereolab, Joy Division, New Order, les Byrds, Harper Lee et Northern Portrait.
- La chanson pop la plus parfaite de l'univers pour toi serait...
Il y en a tellement ! En voici quelques unes : "Inside out" de Brighter, "You should all be murdered" d'Another Sunny Day, "Mersey paradise" des Stone Roses et "The boy with the thorn in his side" des Smiths.
- Y a-t-il un concert qui te reste plus spécialement en mémoire ? Et pourquoi ?
Je crois que notre meilleur concert jusque-là était celui que nous avons fait au Copenhague Popfest, en avril l'année dernière. Le public a semblé vraiment nous apprécier et ça procure un sentiment fantastique !
- Parle nous un peu de votre deuxième album, "Seconds". Penses-tu qu'il soit très différent de votre premier disque ?
Oui, nous pensons qu'il est différent de notre premier disque. Parce que lorsque nous avons enregistré le premier album nous ne connaissions pas encore Brighter, Another Sunny Day ou les Field Mice. Alors je crois que le premier est principalement influencé par la musique des Jesus and Mary Chain, des Stone Roses et des Smiths tandis que "Seconds" s'inspire de toutes nos influences, ceci incluant toute la musique que nous avons découvert plus récemment.
- Comment est Göteborg ? Qu'aimez-vous faire en dehors du groupe ?
Disons que Göteborg est une ville assez ordinaire. Quelques fois, il y a de bons groupes qui jouent en concert et, bien sûr, nous allons les voir. En dehors de la musique, on aime jouer au football, courir en forêt et passer du bon temps avec des amis ou la famille.
- Peux-tu maintenant me parler de vos projets ? Des nouveaux disques ? Des concerts ?
Comme tu le sais, nous avons joué en France pour la première fois l'été dernier et en Angleterre à l'automne. Nous espérons maintenant que nous allons pouvoir aller jouer aux Etats-Unis cette année. Sinon, depuis que nous avons sorti notre second album, nous n'avons pas encore beaucoup de nouvelles chansons. Mais nous allons continuer à en écrire et nous allons donc probablement sortir un nouvel album et peut être un autre EP dans le futur.
- Quels sont vos espoirs pour The Electric Pop Group ?
Tout ce que nous voulons pour The Electric Pop Group, c'est que les gens apprécient notre musique et que nous allons pouvoir continuer à jouer pour tous ceux qui voudront bien nous écouter !
mercredi 23 février 2011
The Bats - "The guilty office", éloge de la culpabilité
Je dois bien l'avouer. Le précédent opus des Bats, "At the national grid", m'avait un peu déçu. Il m'avait laissé comme un sentiment d'inachevé, de bâclé. Une vague impression d'un groupe qui avait fait le tour de la question. Comme à bout de souffle. Ce n'est donc pas sans retenir ma respiration et avec une petite appréhension que j'ai inséré dans le lecteur CD le septième album des Bats, "The guilty office", déposé ce matin dans ma boîte aux lettres par la gentille fonctionnaire des P & T qui habituellement ne me laisse que des factures. Bref, le disque est sorti il y a deux ans déjà en Nouvelle-Zélande sur Arch Hill Recordings et est paru depuis sur diverses structures en Europe, aux Etats-Unis et en Australie. Mon exemplaire a été édité par l'excellent label Yesboyicecream (Soda Fountain Rag, Suburban Kids With Biblical Names, tribute aux June Brides...). Mea culpa, j'avais fait l'impasse jusque-là. J'avais retardé l'échéance de l'acquisition présageant un nouveau désappointement. Et puis, dès la première écoute, toute crainte a été bien vite dissipée. Dès la première écoute, j'ai su que ce disque n'aurait pas fini de tourner par ici. Dès la première écoute, j'ai su qu'il rejoindrait le cortège des classiques satellisés dans la galaxie des galettes astronomiques. Au firmament des disques parfaits de bout en bout. A l'image de la septième chanson "Satellites" qui n'aurait pas dépareillé sur "Daddy's highway", "The law of things" ou "Fear of god".
Au total, "The guilty office" compte douze morceaux. Tout commence avec deux chansons, "Countersign" et "Crimson enemy", elles aussi "pur jus" Bats des débuts. Accords tous simples, rythmiques folâtres, la voix de Kaye Woodward fait toujours mouche lorsqu'elle rejoint celle de Robert Scott sur les refrains. Tout se poursuit avec deux excellentes chansons mélancoliques, "Broken path" et "Castle lights", et une jolie ballade romantique de moins de deux minutes, "Like water in your hands". Cinq chansons et déjà pas de fausse note. Pas le temps de reprendre son souffle, "Two lines" vient enfoncer le clou de ce doux passage avec ses cordes et sa petite distorsion tout en finesse. La deuxième partie de l'album se poursuit donc avec le magnifique "Satellites", un "Later on that night" tout en douceur qui aurait pu être écrit par Grant Mac Lennan et Robert Foster, et "Steppin' out", un pur tube pop concis et terriblement efficace. Les trois derniers titres sont tour à tour langoureux avec "The I specialist", aérien avec "The guilty office" et mélodiquement imparable avec "The orchard"... Le disque se termine alors qu'il a à peine commencer. Troisième écoute, déjà, depuis ce matin. Bilan : un sans faute. Me voilà retourné comme une crêpe...
Rassuré par le fait que les Bats savent toujours écrire de bonnes pop songs, je me suis dit que cette journée commençait foutrement bien. Que je plaide coupable. Que je devrais peut être ré-écouter "At the national grid" plus attentivement. J'ai réalisé que les Bats nous enchantent depuis bientôt trente ans ! Et je ne veux pas que ça s'arrête.
Hier, un violent séisme, de magnitude 6,3 sur l'échelle de Richter, a frappé Christchurch, la seconde ville de Nouvelle-Zélande, ville d'où sont originaires les Bats. Un bilan provisoire avait fait état de plus de 75 victimes et des centaines de disparus. J'espère que Robert Scott, Kaye Woodward, Paul Kean et Malcolm Grant vont bien.
mardi 1 février 2011
Blueboy - Popkiss
Evoquer l'histoire de Blueboy n'est pas chose aisée. Parce que l'on a tout dit, tout lu et que l'on semble tout savoir sur ce groupe. Parce que le décès du chanteur, Keith, est encore tout frais dans nos mémoires et nous aura, nous fans de la première heure, profondément touchés et marqués il y a de cela maintenant presque quatre ans. Le temps passe. Trop vite. Fort heureusement, et contrairement à beaucoup d'autres groupes de cette période, Blueboy ne tombera pas dans l'oubli. Le label él Records a eu en effet la bonne idée de ré-éditer, au premier trimestre 2010, les différents albums du groupe assortis de leurs singles parus tant sur Sarah Records que sur Shinkansen Recordings. De quoi combler la frustration de ceux qui n'ont pas eu la chance d'acquérir alors ces perles parus tout au long de la dernière décennie du XXe siècle.
Tout commence en fait à Reading, en Angleterre, en 1989. Le groupe est d'abord un duo formé par le chanteur Keith Girdler et le guitariste Paul Stewart. Il naît des cendres de Feverfew, formation discrète puisqu'elle ne sortira qu'un flexi et participera à une poignée de compilations, la plupart posthumes (sur les cassettes "Mind The Gap", "Corrupt postman", "Out of the blue", "You can't be loved forever", "And they call it pop"), et à l'excellent split-single (avec The Rileys) sorti à l'été 1992 sur le fabuleux label allemand A Turntable Friend Records.
Bref, Keith et Paul, eux se connaissent depuis longtemps déjà ; ils se sont rencontrés en 1983. Leurs goûts en matière de musique sont communs et ils décident donc de persévérer en enregistrant une nouvelle démo, celle de la chanson "Clearer", qu'ils envoient au déjà mythique label Sarah Records. Matt et Clare sont conquis et un premier single de Blueboy, comportant aussi la chanson "Alison", sort à l'automne 1991. Les fans du label de Bristol sont d'emblée sous le charme de ces ballades mélancoliques, de ce son pur et délicat qui sera le marque de fabrique de Blueboy. Ces boucles d'arpèges, ces guitares aériennes, cette voix faussement timide et volontairement suave seront la bande originale de l'hiver 1991-1992. Le groupe ne reste alors pas longtemps à l'état de duo. Keith et Paul sont rejoints par le guitariste Harvey Williams (officiant alors au sein d'Another Sunny Day et des Field Mice), Gemma Townlet au chant et au violoncelle, auxquels s'ajoutent un bassiste, Mark, et un batteur, Lloyd. C'est avec cette formation que Blueboy sort, chez Sarah Records, en 1992, son second 45 tours, "Popkiss" suivi d'un premier album, le parfait "If wishes were horses", l'un des meilleurs disques des années 90. Viennent ensuite encore trois 45 tours, "Meet Johnny Rave" - mon préféré -, "Some gorgeous accident" et "River", précédant un second album "Unisex" qui tranche un peu avec les premiers opus et marque une légère transition dans la musique de Blueboy. Celle-ci se fait plus dense et c'est à l'issue de cette sortie que Mark et Lloyd quittent le groupe, en 1994. Gemma passe à la basse et Martin Rose joue de la batterie pour un nouvel enregistrement, le single "Dirty mags", le tout dernier 45 tours sorti sur Sarah Records. Mais la collaboration avec Matt Haynes, co-fondateur du label, ne s'arrête pas là. Celui-ci décide après le sabordage de la fée de Bristol de créer un nouveau label, Shinkansen Recordings, où il prend comme pensionnaire le groupe. Blueboy y sort, en 1996, le 45 tours "Love yoursef". Blueboy redevient ensuite un duo composé de ses deux fondateurs, Keith et Paul, auxquels s'ajoutent Cath Close au chant, James Neville à la basse et Ian Gardner à la batterie pour ce qui sera, en 1998, leur troisième et ultime album "The Bank of England".
Le groupe se sépare, laissant à ses fans cette image de fragilité mélancolique et de sens mélodique profond. Laissant aussi à tous ceux qui les ont vus en concert - j'en connais qui ont été marqués à vie -, un souvenir ému tant leurs prestations scéniques étaient magnifiques (en témoigne le 45 tours "Bikini" édité par le label bordelais Aquavinyle Records en 1995). Mais Blueboy était encore plus que ça. C'était aussi un groupe militant, clairement positionné très à gauche, qui n'oubliait jamais de défendre des causes justes, dont la lutte contre l'homophobie ou contre le racisme. Des gens engagés, sensibles, courageux. Juste des gens biens.
Après la séparation de Blueboy, on a retrouvé Paul et Keith aux commandes de deux autres groupes, Arabesque et Beaumont, qui ont sorti quelques disques sur le label espagnol Siesta Records. Keith a aussi participé à Lovejoy dont on peut écouter les disques parus sur Matinée Recordings.
Le 15 mai 2007, Keith Girdler est décédé d'un cancer. Il nous manque terriblement.
Blueboy, ce fut au fil des années : Keith Girdler, Paul Stewart, Gemma Townlet, Harvey Williams, Mark, Lloyd, Martin Rose, Cath Close, James Neville, Ian Gardner.
A écouter
BLUEBOY
- "Clearer", 45 tours, octobre 1991, Sarah Records, SARAH 055.
- "Popkiss", 45 tours, août 1992, Sarah Records, SARAH 065.
- "If wishes were horses", LP/CD, septembre 1992, Sarah Records, SARAH 612.
- "Speedboat", CD, 21 septembre 1993, Quattro Label, QTCY-2027 (compilation japonaise regroupant les singles "Meet Johnny Rave" et "Some gorgeous accident").
- "Cloudbabies", flexi 5", 1993, Sarah Records, SARAH 070.
- "Meet Johnny Rave", 45 tours/CD, 1993, Sarah Records, SARAH 074.
- "Some gorgeous accident", 45 tours/CD, 1993, Sarah Records, SARAH 080.
- "River", 45 tours/CD, mai 1994, Sarah Records, SARAH 088.
- "Unisex", LP/CD, mai 1994, Sarah Records, SARAH 620.
- "Bikini", 45 tours, mai 1995, Aquavinyle Records, AQUA 01.
- "Dirty mags", 45 tours/CD, 1995, Sarah Records, SARAH 099.
- "Love yourself / Melancholia", 45 tours, 14 octobre 1996, Shinkansen Recordings, SHINKANSEN 4.
- "1.6.98", 45 tours/CD, juin 1998, Shinkansen Recordings, SHINKANSEN 9.
- "The Bank of England", CD, 6 juillet 1998, Shinkansen Recordings, SHINKANSEN 12.
- "If wishes were horses", CD, 18 janvier 2010, él Label, ACME 500.
- "Unisex", CD, 15 février 2010, ACME 501.
- "The Bank of England", CD, 15 mars 2010, ACME 502.
ARABESQUE
- "Introducing the Summer Sounds of...", EP, mai 1995, Siesta Records, SIESTA 19.
- "The Grooming Gambit EP", EP, octobre 1997, Siesta Records, SIESTA 59.
BEAUMONT
- "This Is...", février 2000, Siesta Records, SIESTA 112.
- "Discothèque a la carte", juillet 2001, Siesta Records, SIESTA 095.
- "Tiara", mars 2003, Siesta Records, SIESTA 152.
- "No time like the past", mai 2005, Siesta Records, SIESTA 202.
Sur quelques compilations
- "Chelsea guitar" sur "Grimsby Fishmarket 4 Norrkoeping 0".
- "Clearer" sur "In this place called nowhere", 1992, Quattro.
- "My favourite things" sur "The sound of music", compilation anti-raciste et anti-fasciste, 1993, Bring-on-Bull Records.
- "Elle" et "Air France" sur "La rue du Chat Qui Pêche", 1993, Sarah/Quattro.
- "Try happiness" et "Air France" sur "Gaol Ferry Bridge", 1994, Sarah Records.
- "Clearer" et "Popkiss" sur "Engine Common", 1995, Sarah Records.
- "River" et "Toulouse" sur "Battery Point", 1995, Sarah Records.
- "The joy of leaving" sur "There and Back Again Lane", 1995, Sarah Records.
- "My favourite things" sur "PREGO ! The Menu of Trattoria", 1995, Trattoria.
- "80's diaries", sur "Country music : songs for Keith Girdler", 2008, Siesta Records. Le label espagnol Siesta, avec l'aide d'amis de Keith et de Richard Preece (du groupe Lovejoy) ont sorti cette compilation hommage. Les bénéfices sont reversés au Martlets Hospice, à Hove, qui a pris soin de Keith pendant qu'il était malade.
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